Covid-19 :

quelles conséquences sur l’organisation du travail ?

Étude Kandu : l’impact du Covid-19 sur l’organisation du travail

Quelles ont été les conséquences de la crise sanitaire sur le travail et son organisation ? C’est à cette question que Kandu a cherché à répondre à travers la réalisation d’une étude baptisée « Quels impacts du Covid-19 sur l’organisation du travail et l’aménagement des espaces des entreprises ? » [1]. Menée auprès de décisionnaires et de salariés d’entreprises du secteur tertiaire, elle est l’occasion de dresser un panorama complet sur le ressenti des travailleurs, les initiatives des employeurs et les perspectives d’évolution en ce qui concerne l’adaptation du travail à la période que nous vivons actuellement.

Poursuivre le télétravail : oui, mais dans de meilleures conditions

De la crise sanitaire actuelle est né un premier enseignement : près de 9 salariés interrogés sur 10 souhaitent faire davantage de télétravail à l’issue du confinement, que ce soit de manière régulière ou occasionnelle. Pour ces salariés, dont l’activité est réalisable en télétravail, l’organisation du travail à distance s’est donc révélée globalement positive. Même parmi les rares collaborateurs n’ayant jamais fait de télétravail auparavant (19 % de l’échantillon), la situation a été bien vécue et a d’ailleurs modifié positivement la perception qu’ils avaient du travail à distance. Au final, seuls 2,7 % des personnes interrogées se montrent véritablement réticentes à la poursuite du télétravail.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, plus d’un salarié sur 5 avoue malgré tout avoir mal vécu le télétravail durant le confinement. En cause ? Des difficultés d’organisation personnelle tout d’abord, notamment en ce qui concerne la garde des enfants et le partage du domicile avec le conjoint lui-même télétravailleur. Mais la qualité de l’environnement de travail est également largement pointée du doigt. Un bureau à domicile qui n’est pas confortable (pour 45,9 % des répondants), une chaise de bureau inadaptée au travail (62,2 %), l’absence d’un espace calme pour se concentrer (21,6 %)… autant de difficultés rencontrées par les télétravailleurs pendant la période de confinement.

Le bureau, une absence qui se fait sentir

Bien qu’ils soient favorables à l’essor du télétravail, les salariés ne semblent pas encore prêts à abandonner définitivement leur bureau en entreprise. Au-delà du manque de confort de leur espace de travail à domicile, ils déplorent l’absence du lien social qui les relie habituellement à leurs collègues (pour 64,9 % des répondants). Les échanges spontanés, l’ambiance générale du bureau et les conversations « off » indispensables dans le cadre de leur métier sont autant de manques dénoncés par les salariés en télétravail. Dans une moindre mesure, ils regrettent également les déplacements à pied nécessaires pour se rendre au travail (10,8 %), les activités de détente au sein de l’entreprise (5,4 %) et le matériel qui y est disponible (5,4 %).

Une situation que les entreprises ont d’ailleurs bien perçue, dans la mesure où elles sont 54,1 % à avoir mis en place des indicateurs pour suivre le bien-être de leurs collaborateurs en télétravail. En la matière, ce sont principalement le ressenti des travailleurs, les modalités de suivi des missions, la gestion du temps et le bon fonctionnement des outils de télétravail qui ont été surveillés durant le confinement (pour 35,1 % des répondants). Si le confort physique et l’aménagement de l’espace de télétravail ne viennent qu’après, ces deux critères ont malgré tout été suivis par 29,7 % des entreprises.

Mais cette analyse a aussi permis aux employeurs de percevoir l’importance de mieux accompagner le télétravail. En la matière, de nombreuses actions sont déjà envisagées : la création d’une charte du télétravail, la prévention des risques liés au travail à distance, l’achat de matériel dédié, la mise en place d’outils numériques, la formation des managers ou encore une participation financière (pour l’achat d’équipements à destination des télétravailleurs ou sous forme de subvention par exemple). Une preuve, s’il en fallait une, que la question de l’amélioration de la qualité de vie en télétravail (QVTT) est déjà un enjeu majeur pour les entreprises souhaitant poursuivre – au moins en partie – le travail à distance.

Retour au bureau : des salariés réticents, des entreprise en rodage

Malgré le retour progressif au bureau, la crise sanitaire actuelle semble avoir profondément transformé l’organisation des entreprises. À titre d’exemple, le nombre de salariés en présentiel devrait se cantonner à seulement 30 % des effectifs au maximum dans un premier temps. Il faudra attendre septembre 2020 – voire même 2021 pour certaines sociétés – avant d’envisager un retour plus massif des salariés. Il faut dire que ces derniers ont encore de nombreuses craintes : ils évoquent volontiers les problématiques liées au transport, à l’usage du flex office et au recours aux espaces de coworking, principalement en raison des risques de contamination que ces situations présentent. Si bien que seuls 35,1 % des salariés s’avouent sereins quant au retour au bureau, tandis que 32,4 % ne parviennent même pas à imaginer leur retour pour le moment.

Bien que les entreprises aient déjà mis en œuvre de nombreuses mesures pour garantir la sécurité de tous (distanciation, rotation des équipes, renforcement de l’hygiène, amélioration de la qualité de l’air, etc.), elles sont 68,4 % à avouer rencontrer des difficultés pour adapter les espaces de travail à la situation sanitaire actuelle. L’impossibilité de respecter les distances entre collaborateurs est d’ailleurs largement pointée du doigt. Un constat qui ne risque pas de rassurer les salariés, eux qui sont déjà réticents à revenir au sein de l’entreprise.

La nouvelle organisation du travail, un chantier en devenir

Alors que 7 salariés sur 10 souhaiteraient que la crise soit l’occasion de changements dans l’organisation des espaces de travail, les employeurs ne semblent pas prêts à effectuer de grands bouleversements. Certes, le Covid-19 a déjà certaines conséquences sur l’aménagement des bureaux (ajout de cloisons, bureaux en quinconce, micro-compartimentage des espaces, etc.). Pourtant, seule 1 entreprise sur 10 désire profiter de l’absence des travailleurs dans les bureaux pour effectuer des aménagements ou des travaux plus conséquents.

Cet immobilisme va-t-il perdurer ? A priori non, dans la mesure où certaines grandes tendances se dessinent dans l’optique d’adapter l’organisation du travail aux enjeux en présence.

  • Un effort sur la qualité de l’air : face au Covid-19, l’une des principales préoccupations actuelles est d’assurer un meilleur renouvellement de l’air intérieur. Le renforcement de l’aération naturelle et l’optimisation du système de ventilation sont d’ailleurs des sujets d’importance, et ce, dans le but d’éviter le renouvellement de l’air en cycle fermé. Près d’une entreprise sur 4 a d’ailleurs déjà prévu des mesures en ce sens.
  • Le renouvellement des matériaux : certaines surfaces pouvant « retenir » les virus et bactéries jusqu’à plusieurs jours, les matériaux à la mode en entreprise sont nécessairement amenés à évoluer. Exit le tissu des sièges et des canapés, place à des matières plus faciles à nettoyer, voire même virucides (le bois, le cuivre, etc.).
  • L’émergence de nouveaux labels : non seulement les labels actuels du confort au travail (Great Place to Work, Well, IBET, etc.) vont probablement prendre en compte les risques liés au Covid-19 désormais, mais de nouvelles certifications de sécurité sanitaire vont également émerger. L’enjeu ? Permettre aux employeurs d’améliorer leurs espaces de travail, de rassurer leurs collaborateurs et de communiquer sur leur implication pour réduire le risque de contamination.
  • L’accélération du coworking : tout laisse à penser que les tiers lieux vont rapidement gagner en importance. Il faut dire que la pratique semble incontournable, à l’heure où les entreprises souhaitent pouvoir désengorger les bureaux et proposer un espace de télétravail adapté et situé à proximité du domicile des salariés. Le sujet demande néanmoins une vraie organisation de la part des employeurs, dans la mesure où les bureaux non attitrés constituent l’une des craintes premières des travailleurs.

[1] Etude réalisée sur la base de 25 entretiens téléphoniques entre le 11 et le 22 mai 2020 auprès d’entreprises du réseau Kandu, et d’un sondage diffusé en ligne entre le 20 mai et le 4 juin 2020, auquel 75 salariés ont répondu selon 2 parcours distincts : « Décideurs » (38 répondants) et « Non décideurs » (37 répondants).

Évaluez l’efficacité de votre organisation face au Covid-19

Avant de recommander toute éventuelle action, le principal rôle de Kandu est de réaliser un état des lieux de votre organisation et de vos aménagements. Ressenti des télétravailleurs et des salariés en présentiel, niveau de qualité de l’air, respect de la distanciation physique, risques en présence… nos équipes se chargent d’analyser toutes les facettes du travail. L’objectif ? Adapter votre organisation à la crise sanitaire actuelle, favoriser l’essor du télétravail, améliorer la qualité de vie au bureau et à domicile et, in fine, assurer un fonctionnement optimal et sécurisé de l’entreprise.

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