L’open space

un espace de travail condamné à se transformer

Inventé pour symboliser une nouvelle forme de travail, tout en répondant aux attentes des occupants, l’open space a progressivement perdu de vu ses objectifs initiaux. Au point même de ne plus être un lieu dédié aux échanges. Alors que cet espace de travail continue malgré tout à se développer, tout laisse à penser que l’open space doit se réinventer pour à nouveau faire de la qualité de vie au travail sa priorité.

 

Aux origines de l’open space, un espace de travail pensé pour les salariés

Lors de son apparition à l’aube du XXème siècle, l’open space est une véritable révolution. Terminé les bureaux individuels, coupés de leur environnement, place à un espace ouvert propice aux interactions. À partir des années 1910, on voit ainsi fleurir des espaces de travail dépourvus de cloisons, où il est possible d’échanger facilement avec ses collègues. Un espace nouveau qui symbolise une conception moderne du travail, de moins en moins manuel, et qui facilite la supervision des équipes par leur manager. L’open space est d’ailleurs très vite loué pour ses multiples atouts : il favorise le travail collaboratif, il aplanit la hiérarchie et il crée de la cohésion entre tous les collaborateurs.

Ce n’est pourtant qu’à partir des années 1980 que l’open space s’impose comme l’espace de travail incontournable. Il n’est désormais plus réservé aux grands groupes et devient la norme au sein de nombreuses entreprises. Il n’aura de cesse de se développer, au détriment du bureau individuel, au point de représenter en France près de 20% des espaces de travail de nos jours [1]. Un engouement qui ne semble pas prêt de s’arrêter, notamment lorsqu’on sait qu’un open space de 40 000 m2, le plus grand au monde, a été inauguré en 2015 pour accueillir le siège de Facebook.

[1] Baromètre Actineo 2017 de la qualité de vie au bureau

L’open space : un espace ouvert, où les gens s’isolent

Sous couvert de travail collaboratif, l’open space s’est pourtant rapidement écarté de ses premières prérogatives (l’échange, la qualité de vie, la diminution de la hiérarchie, etc.). En France, cet espace se développe ainsi principalement pour des questions de budget : il permet de réduire le coût des locaux, tout particulièrement au sein des villes où le prix du mètre carré explose. Conséquences ? Imaginé à l’origine pour le bien-être des salariés et pour symboliser une vision nouvelle du travail, l’open space se transforme finalement en source d’inconfort.

Face à des enjeux économiques et structurels majeurs, le nombre d’open spaces ne prenant pas en considération les besoins des collaborateurs ne cesse de progresser. Voulu initialement pour libérer la parole et favoriser le travail en équipe, cet espace de travail ouvert devient finalement un lieu où chacun se renferme. Le bruit en open space s’affirme même comme la première source d’inconfort au travail, incitant les employés à réduire leurs échanges et à s’isoler, notamment en utilisant des écouteurs et des casques.

72%

d’interactions en face-à-face en moins

Le saviez-vous ? Les échanges en face-face diminuent en open space au profit des échanges numériques.

Censé favoriser le partage, l’open space crée en réalité de l’isolement. Pour preuve, le nombre d’interactions en face-à-face a diminué de 72%, passant de 5,8 heures par jour à seulement 1,7. Dans le même temps, les échanges numériques progressent, les emails (+56%) et les messageries instantanées (+75%) en tête [2].

[2] The impact of the ‘open’ workspace on human collaboration 2018

L’open space est mort, vive l’open space !

Face au bruit de l’open space et à ses différents inconvénients, une question se pose : cet espace de travail ouvert doit-il être abandonné au profit de bureaux individuels ? Une interrogation légitime étant donné sa perte de sens et la gêne qu’il occasionne auprès des collaborateurs. Malgré ses défauts, l’open space ne semble pas et ne doit pas disparaître, tant il peut apporter beaucoup aux entreprises et aux salariés. En réalité, c’est l’open space tel qu’on le connaît actuellement qui est amené à disparaitre. Une nécessité lorsqu’on sait que 57% des actifs préfèrent travailler dans un bureau individuel fermé plutôt que dans un espace ouvert mal conçu [3].

C’est donc tout l’enjeu auquel sont confrontés les architectes et les entreprises : repenser la qualité de vie en open space. Pour ce faire, il semble indispensable de revoir l’agencement et la conception des différents espaces, et ce, en tenant compte des besoins des collaborateurs. Cela passe d’ailleurs inévitablement par une prise en compte de toutes les natures de confort.

[3] Baromètre Actineo 2017 de la qualité de vie au bureau

L’agencement, la clé d’un espace de qualité

L’agencement de l’open space est le premier élément sur lequel il est possible de jouer pour améliorer la qualité de vie au travail. L’organisation du plateau doit notamment limiter la réverbération du son et offrir un minimum d’intimité à chaque collaborateur. L’espace doit également être pensé en fonction des différentes activités. Cela passera notamment par le regroupement des salariés dont l’activité nécessite d’être régulièrement au téléphone (commerciaux, service après-vente, etc.) et l’isolement de ceux ayant besoin de se concentrer (rédacteurs, planneurs, etc.). 29% des actifs sont même prêts à adopter l’open space s’il est complété par des salles de réunion en libre accès et des bulles de confidentialité [4] . Sans oublier des espaces de pause, comme une cuisine, une salle de repos et un coin café.

[4] Baromètre Actineo 2017 de la qualité de vie au bureau

Le bruit en open space, loin d’être une fatalité

Le bruit en open space a un coût annuel de 18 milliards d’euros pour les entreprises [5], notamment à cause des arrêts de travail et de la fatigue qu’il engendre. Ce n’est pourtant pas une fatalité car il est possible de réduire les nuisances sonores, tout en conservant un espace ouvert. Cela passera par exemple par la création d’une nouvelle implantation, l’isolation des bruits extérieurs et le traitement acoustique des bruits intérieurs.

[5] https://assises.bruit.fr/images/pdf/diaporamas/Atelier-11-LEMUET.pdf

La luminosité, l’ingrédient du bien-être

Souvent négligée par les entreprises, la lumière favorise pourtant le bien-être au travail. Pour preuve, des salariés évoluant dans un open space exposé à la lumière naturelle auraient un sommeil de meilleure qualité et des nuits plus longues de 46 minutes [6]. Tout l’enjeu est donc de trouver le bon équilibre entre lumière naturelle et artificielle, notamment via la réorganisation des espaces de travail et l’ajout de nouvelles sources lumineuses. À ce titre, il est primordial de prendre en compte tout le parc de postes de travail afin de limiter les inégalités de lumière.

[6] Impact of Windows and Daylight Exposure on Overall Health and Sleep Quality of Office Workers: A Case-Control Pilot Study 2014

La qualité de l’air au travail, un danger caché

La pollution de l’air, c’est l’un des principaux impacts négatifs des bâtiments sur la santé au travail. Bien qu’elle soit difficile à détecter, elle est dénoncée par plus de 30% des actifs [7]. Elle est d’ailleurs tout particulièrement présente au sein des open spaces, où les sources de pollutions sont multiples (matériel, activité des salariés, etc.). D’où la nécessité de mettre en place un système de ventilation efficace notamment.

[7] Étude SBiB – Haute École de Lucerne (2010)

Le confort thermique, pas si facile en open space

Dans un espace aussi vaste que l’open space, il n’est pas toujours facile de mettre en place des conditions thermiques optimales (entre 20 et 24°C en moyenne). La problématique doit donc être prise au sérieux, notamment via la réduction des ponts thermiques, le renforcement de l’isolation ou encore l’installation d’un système de régulation de la température.

Avec Kandu, la qualité de vie au travail s’invite en open space

Nous en sommes persuadés : il est possible de créer un espace ouvert répondant aux contraintes budgétaires et structurelles de l’entreprise, mais aussi au bien-être des salariés. La qualité de vie en open space ne peut cependant être obtenue qu’après un diagnostic complet de l’environnement (agencement, acoustique, thermique, etc.) et des recommandations qui tiennent compte des particularités de l’activité. C’est tout l’enjeu de l’accompagnement Kandu proposé aux professionnels.

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