Interview Victoire Morin

Responsable diagnostics et études chez Kandu

Qui se cache derrière les diagnostics Kandu et quels en sont les secrets ?

Victoire répond à quelques questions.

 

Quel est ton parcours ?

J’ai un premier diplôme en scénographie, schématiquement, c’est l’art de penser et de représenter l’espace et ça passe par la réalisation de maquettes et de modélisations 3D par exemple. Ensuite, j’ai réalisé que ce qui m’intéressait vraiment dans la scénographie : c’était le phénomène acoustique dans les espaces et comment le son évoluait dans une géométrie, dans un volume. J’ai donc poursuivi vers un autre diplôme d’acoustique et d’électroacoustique plus particulièrement. Dans le cadre de ces études j’ai réalisé une alternance d’un an en bureau d’étude technique d’acoustique et j’ai travaillé ensuite un petit temps chez eux, avant d’arriver chez Kandu.

Et que fais-tu chez Kandu ?

Chez Kandu on étudie les quatre grands critères de confort de la physique du bâtiment : le confort visuel, le confort acoustique, le confort hygrothermique et la qualité de l’air de l’environnement intérieur. Notre méthodologie est de mesurer en simultané et pendant 15 jours ces quatre conforts, puis de produire un diagnostic.

Mon rôle est de m’assurer du bon déroulement du service de diagnostic et de sa réalisation sur le terrain.

Concrètement, ça commence dès la compréhension du besoin du client, puisque chez Kandu nous avons un objet connecté qui mesure les 4 critères de confort, mais nous avons aussi toute une batterie de mesure complémentaires, que nous pouvons réaliser sur site pour pousser davantage les études et analyses. Il faut vraiment que l’on comprenne le besoin du client pour le traduire en méthodologie de mesure et d’étude.

Il y a ensuite toute la partie très opérationnelle : réaliser la campagne de mesure en elle-même, analyser les données de mesure et réaliser le livrable, le rapport d’étude Kandu.

Concrètement comment est-ce que tu traites les données ?

Pour l’analyse des données en tant que tel, chez Kandu nous avons créé de toute pièce et sur mesure un outil d’analyse des données de mesures multi-confort. Nous avons également créé un outil d’analyse des données de ressenti. La force de ces outils c’est qu’ils ont été développés au fil des projets pour répondre à des besoins en terme d’analyse et de représentation graphique des résultats.

En complément de la partie mesure, nous réalisons des enquêtes de satisfaction via des questionnaires. Ces données sont très précieuses pour nous puisqu’elles viennent contextualiser les données de mesures. Elles permettent par exemple d’expliquer un comportement spécifique sur une courbe de CO2 ou de luminosité, et de comprendre concrètement les usages du lieu que nous n’aurions pas pu expliquer scientifiquement. Il y a un lien très fort entre les données de ressenti et les données de mesures.

 

Quel est pour toi la valeur ajoutée de ce diagnostic ?

Il y en a beaucoup !! Mais il y a pour moi trois grands points qui se dégagent :

  • L’étude Kandu permet d’objectiver un phénomène physique qui d’habitude est apprécié et évalué par une perception humaine. Notre rôle chez Kandu est donc d’objectiver un ressenti. Typiquement, « j’ai trop chaud ou trop froid dans un espace mais je ne sais pas trop dire pourquoi ni par rapport à quoi ». Ou encore « je ne suis pas vraiment à l’aise avec l’éclairage, il est un peu agressif, je ressens que la couleur ne me plait pas, je ne saurais pas vraiment dire pourquoi mais je ressens que ce n’est pas confortable pour moi ». Kandu prend le relai à ce niveau-là en venant mesurer et comparer les résultats à des seuils connus.
  • Au-delà de l’objectivation, l’étude permet de hiérarchiser les besoins d’amélioration. Chez Kandu, nous mesurons quatre critères de confort simultanément dans un espace, nous avons donc créé un système de notation sur 5 points, qui va de 0 quand c’est très mauvais à 5 quand c’est excellent. Cette démarche nous permet d’avoir une image synthétique et d’identifier d’un coup d’œil le critère de confort qui est le plus défavorable. C’est, selon moi une grande valeur ajoutée, d’autant plus quand on fait des maillages à grande échelle.
  • Enfin, il y a une troisième valeur ajoutée qui se dégage de l’étude, c’est qu’elle permet de classer l’espace étudié par rapport à toutes les campagnes de mesures similaires réalisées par Kandu. Ça nous permet de sortir d’une démarche très théorique qui compare les résultats à la règlementation, aux normes et aux labels. Nous nous approchons d’une démarche beaucoup plus réaliste et proche du terrain, puisque nous sommes capables de dire par exemple « vous êtes le 31e espace sur 100 espaces similaires ». Pour la petite histoire, chez Kandu nous sommes proches des 300 campagnes de mesures réalisées, ce qui représente 4 ans et demi de mesures en continue multi-confort, c’est assez intéressant et nous commençons à avoir des choses assez chouettes à dire sur les espaces.

 

Qu’est-ce qui te rend fière dans ton travail ?

Il y a pas mal de choses mais si je dois isoler des moments dans la chaîne de déroulement de mon rôle chez Kandu :

  • Déjà, par rapport à la relation avec le client, il y a deux moments très satisfaisants. Il y a un premier moment où l’on va délivrer notre méthodologie d’étude selon ce qu’on a compris de leurs besoins. Lorsqu’on répond parfaitement à la demande, que l’on coche toutes les cases, c’est un moment très satisfaisant, (et qui arrive souvent, heureusement pour nous !). A ce moment-là, on se rend compte que ce que l’on fait a vraiment du sens.
  • Dans cette relation au client, il y a aussi la partie restitution physique, puisque chez Kandu, nous remettons le rapport exhaustif en PDF, mais nous réalisons également une restitution physique, (ou à distance malheureusement avec le contexte sanitaire actuel). C’est un moment privilégié avec le client, où l’on prend le temps de rentrer dans les données, de répondre à ses questions et nous lui transmettons toutes les informations dont il a besoin. Là aussi, lorsque nous remplissons toutes les cases c’est vraiment très satisfaisant et c’est un moment que j’aime beaucoup.
  • A côté de la partie relation client et de ce que nous produisons, il y a tout l’aspect développement de nos outils et de nos fonctionnalités. Nous avons la chance de développer en interne les outils avec lesquels nous travaillons. Nous avons très à cœur de réfléchir à la manière dont nous vulgarisons les données scientifiques et dont nous les présentons, graphiquement et visuellement etcetera. C’est une partie de mon travail qui me donne beaucoup de fierté et de satisfaction.

 

Quels conforts préfères-tu analyser ?

Mon confort un peu « fétiche » est évidemment le confort acoustique puisque c’est mon cœur de métier et c’est celui avec lequel j’ai le plus de facilité. Mais j’aime beaucoup m’intéresser aux données d’éclairement et de luminosité car elles me donnent un peu plus de fil à retordre. Nous ne savons pas trop ce qui peut se passer dans un espace : les gens allument, éteignent les lumières. Il est parfois difficile de distinguer la luminosité artificielle de la luminosité naturelle, il faut alors que nous nous creusions les méninges, en regardant les données à plusieurs parfois, nous travaillons beaucoup en collaboration chez Kandu.

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