La rénovation des salles de classe

au service de la réussite

Si la rénovation énergétique des écoles est au cœur du Plan de relance du gouvernement, l’amélioration du confort intérieur et des qualités physiques des salles de classe ne doit pas être négligée, tant elle peut avoir un impact sur l’efficacité et la santé des élèves, comme du personnel.

 

Le confort intérieur : un impératif de la rénovation des écoles

Dans le cadre du Plan de relance, le gouvernement entend allouer 4 milliards d’euros à la rénovation des bâtiments publics [1] et notamment des établissements d’enseignement. Bien que les travaux soient essentiellement d’ordre énergétique, l’amélioration du confort intérieur doit constituer un axe de travail, tant cet élément joue sur le bien-être et les performances des élèves comme des enseignants. Les qualités physiques des salles de classe – température, acoustique, luminosité et qualité de l’air – devraient ainsi être au cœur de tout projet de rénovation des lieux d’enseignement.

La problématique du confort au sein des bâtiments d’éducation, qu’il s’agisse d’écoles primaires, de collèges, de lycées ou même d’établissements d’enseignement supérieur, est d’autant plus vitale que le cadre réglementaire se veut intransigeant en la matière.
Plusieurs normes en sont l’illustration même :

  • L’isolation aux bruits aériens extérieurs doit être a minima de 30 dB [2] ;
  • La durée de réverbération, à savoir la persistance du son dans un espace, doit être comprise entre 0,4 et 0,8 secondes dans les locaux de moins de 250 m3 [2] ;
  • L’indicateur Tic (Température intérieure de consigne) doit être compris entre 16 et 19 °C selon l’occupation ou non des locaux [3] ;
  • La norme européenne NF EN 12464-1 définit les règles d’éclairage et de luminosité à respecter dans les salles de classe ;
  • La surveillance de la qualité de l’air intérieur (QAI) est obligatoire dans les écoles maternelles et élémentaires depuis le 1er janvier 2018 et dans les collèges et lycées depuis le 1er janvier 2020 [4].

Les 4 leviers du confort au sein des salles de classe

S’il ne fait aucun doute que la qualité de l’apprentissage est essentielle à la progression des élèves, le confort des salles de classe n’est pas en reste. Concentration, énergie, mémorisation, motivation… autant d’attributs auxquels participent directement les différentes facettes de la qualité de l’environnement intérieur.

La problématique acoustique

Souvent pointé du doigt par les élèves comme par les enseignants, le confort acoustique au sein des écoles doit constituer une priorité lors d’un projet de rénovation intérieure. Il faut dire que le bruit dans les salles de classes peut avoir de nombreux préjudices, comme l’ont démontré différentes études :

  • Le niveau sonore moyen à l’école est généralement compris entre 50 et 80 dB [5], alors que l’OMS (Organisation mondiale de la santé) recommande un niveau maximal de 35 dB [6] ;
  • Environ 70 % des élèves déclarent être gênés par le bruit à l’école [7] ;
  • Les performances en calcul mental augmentent de 20 % au sein d’un environnement calme [8] ;
  • 20 minutes sont nécessaires pour se reconcentrer sur une tâche difficile suite à une perturbation sonore [9] ;
  • 1 enseignant sur 3 aurait des problèmes d’audition et près de 8 sur 10 considèrent le bruit comme l’élément le plus stressant au sein des salles de classe [10].

 

Pour y remédier, le projet de rénovation doit impérativement étudier plusieurs axes de travail, en vue d’améliorer le niveau sonore au sein des écoles.

  • L’isolation des bruits extérieurs : si le choix de l’implantation des bâtiments est essentiel pour se protéger des bruits aériens, il n’est pas toujours possible d’intervenir sur ce critère dans le cas d’un projet de rénovation. En revanche, il conviendra de renforcer l’isolation des ouvertures (portes, fenêtres, etc.) et de repenser les façades afin de réduire la transmission du bruit.
  • Le renforcement de l’isolation intérieure : en premier lieu, les locaux doivent être répartis et cloisonnés selon leur niveau d’intensité sonore (salle de classe, réfectoire, bibliothèque, gymnase, etc.). L’isolation phonique passera aussi par le remplacement des éléments de séparation (planchers, murs, etc.) et l’amélioration du système de ventilation.
  • La limitation du bruit des équipements : imprimante, ventilateur, vidéoprojecteur, chaudière… autant d’équipements qui, en fonctionnement, peuvent nuire au confort acoustique au sein des salles de classe. Il est donc nécessaire de choisir des appareils plus silencieux, mais aussi de les isoler des salles de classe et éventuellement de les détacher de la structure porteuse afin de limiter la propagation du bruit.
  • La réduction des bruits et de la réverbération : il est indispensable de limiter les bruits de choc (activité des élèves, déplacement d’une chaise sur le sol, etc.), tout d’abord en réduisant l’impact à la source (ajout de patins sous les chaises par exemple) et en intégrant des matériaux isolants au niveau des séparatifs. La rénovation des salles de classe peut également passer par l’ajout d’éléments absorbants afin de réduire la réverbération du son (mobilier, décoration, etc.).

 

Le dilemme de la luminosité

Le confort au sein des établissements publics, et tout particulièrement des écoles, passe également par l’amélioration des qualités lumineuses. Une fois encore, plusieurs études ont en effet montré que la lumière est essentielle au bien-être des étudiants et des professeurs :

  • Alors que le niveau de luminosité recommandé est d’environ 300 à 500 lux au niveau des tables, il varie régulièrement entre 130 et 740 lux en réalité [5] ;
  • Un bon éclairage augmenterait de 26 % les capacités d’apprentissage de la lecture et de 20 % celles en mathématiques [11] ;
  • L’absence de lumière a des effets néfastes sur le rythme circadien, impactant la qualité de sommeil et de récupération des élèves ;
  • La vision, l’humeur et le système immunitaire peuvent aussi être fragilisés par un manque de luminosité au quotidien.

 

Les établissements d’enseignement se doivent donc de prendre la problématique à bras le corps, et ce, en investiguant plusieurs pistes qui peuvent jouer sur les qualités lumineuses des salles de classe.

  • La recherche du bon équilibre : l’ensemble des mesures prises doivent avoir pour objectif de trouver le bon équilibre entre lumière naturelle et artificielle, gage du bien-être et de la santé des occupants.
  • La refonte de l’organisation spatiale: le positionnement du mobilier (tables, armoires, bureaux, etc.) doit être pensé de sorte à favoriser au maximum la lumière naturelle, tout en limitant le risque d’éblouissement.
  • La question des lumières individuelles : bien que cela ne soit pas courant dans les salles de classe, une piste à étudier est l’ajout de sources lumineuses individuelles, permettant à chacun d’adapter la lumière à ses besoins propres.
  • La transmission des bons comportements : peut-être plus important encore, les élèves et enseignants se doivent d’être impliqués dans le projet, notamment pour adopter des habitudes appropriées (ouverture des fenêtres lorsque le soleil n’est pas direct, fermeture des stores lorsqu’il l’est, extinction des lumières lorsqu’il fait beau, etc.).

Le défi de la qualité de l’air intérieur

Troisième pilier de l’amélioration des salles de classe : la qualité de l’air. Il faut dire que l’obligation de mesurer la qualité de l’air intérieur au sein des écoles ne doit rien au hasard, tant ce facteur peut être lourd de conséquences :

  • Alors que la concentration de CO2 maximale recommandée est de 450 ppm [12], elle atteint régulièrement 3 000 ppm dans les salles de classe [13] ;
  • La faculté à prendre des décisions est dégradée de 11 à 23 % dès 1 000 ppm ;
  • Les symptômes liés à l’asthme s’en voient décuplés au sein d’un environnement pollué [13] ;
  • Dès 1 000 ppm, on constate des difficultés de mémorisation et de concentration [14] ;
  • L’amélioration de la qualité de l’air et de la ventilation permet d’augmenter les capacités d’apprentissage des élèves, voire même de faire gagner 10 points au classement PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) [15].

Outre le renforcement de la ventilation naturelle, en ouvrant régulièrement les fenêtres notamment, l’amélioration de la qualité de l’air à l’école passe par plusieurs axes de rénovation.

  • L’optimisation de la ventilation : en complément de l’aération naturelle, le système de ventilation doit assurer un renouvellement de l’air efficace, idéalement en privilégiant un fonctionnement qui ne soit pas en cycle fermé.
  • La réduction des sources de pollution : les matériaux de construction (moquettes, peinture, etc.), les équipements (ordinateurs, etc.) ou même le mobilier peuvent contribuer à la pollution de l’air intérieur. D’où l’importance de bien les choisir à l’occasion du projet de rénovation.
  • La réalisation de mesures : en plus d’être obligatoire, la mesure de la qualité de l’air intérieur peut permettre d’apporter des correctifs adaptés, notamment pour réguler le taux d’humidité ou de CO2.

 

L’impératif thermique

Les qualités thermiques au sein des salles de classe ne doivent pas non plus être négligées, dans la mesure où la température peut avoir un impact direct sur la performance et le bien-être des occupants :

  • Alors que la température idéale pour un travail assis est comprise entre 19 et 21 °C, ce niveau n’est pas toujours respecté, tout particulièrement en hiver et en été [16] ;
  • Une sensation accrue de fatigue se fait sentir dès 27 °C [16] ;
  • En-dessous de 19 °C, l’efficacité chute de 5 % et de 90 % à partir de 15 °C [17] ;
  • Un défaut mineur de température peut avoir des conséquences sur la concentration, voire même entraîner de la confusion en cas de défaut majeur [18].

 

Sur le volet thermique, la rénovation intérieure des écoles doit se concentrer sur plusieurs éléments essentiels :

  • L’amélioration de l’isolation extérieure ;
  • Le renforcement du renouvellement de l’air ;
  • Le choix d’un aménagement chaleureux ;
  • La réalisation de mesures régulières.
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Face à une réglementation stricte et des enjeux non négligeables, l’amélioration du confort physique des salles de classe ne doit rien laisser au hasard. Fort de l’expertise de Saint-Gobain, Kandu peut vous accompagner à chaque étape d’optimisation de l’environnement intérieur : mesures, diagnostic, analyse, recommandations et mise en place des actions retenues.

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Sources :

[1] Plan de relance : rénovation énergétique – Ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance – 2020
[2]
Arrêté du 25 avril 2003 relatif à la limitation du bruit dans les établissements d’enseignement – Legifrance – 2019
[3] Températures de consigne – Guide Énergie – 2020
[4] Qualité de l’air intérieur – Ministère de la Transition Écologique – 2020
[5] Evaluation of indoor environmental quality conditions in elementary schools׳ classrooms in the United Arab Emirates – Moshood Olawale Fadeyi et al. – 2014
[6] Vademecum sur le bruit à l’école – Archi Classe – Ministère de l’Éducation Nationale, de la Jeunesse et des Sports – 2018
[7] L’impact du bruit sur la santé des élèves et des enseignants – Valérie Rozec – 2013
[8] Disruption of office-related tasks by speech and office noise – British Journal of Psychology – 1998
[9] The joint effects of noise, job complexity and gender on employee sickness absence – Journal of Occupational and Organizational Psychology – 2002
[10] Bruit en classe : la santé des enseignants en jeu – Le Monde – 2019
[11] Daylighting in Schools : An investigation into the relationship between daylighting and human performance – Heschong Mahone Group – 1999
[12] Concentrations de CO2 dans l’air intérieur et effets sur la santé – Anses – 2013
[13] Is CO2 an Indoor Pollutant? Direct Effects of Low-to-Moderate CO2 Concentrations on Human Decision-Making Performance – Usha Satish et al. – 2012
[14] The Effect of Indoor Temperature and CO2 Levels on Cognitive Performance of Adult Females in a University Building in Saudi Arabia – Ahmed Riham Jaber et al. – 2017
[15] Socio-economic consequences of improved indoor air quality in danish primary schools – Pawal Wargocki et al. – 2014
[16] Note d’information relative à la qualité de l’air dans les bâtiments accueillant des enfants – Académie d’Orléans-Tours – 2008
[17] Office temperature wars – Andrew Sykes – 2015
[18] Travail au froid : accidents et effets sur la santé – INRS – 2014