La température au travail en hiver :

une problématique qui ne doit pas faire froid dans le dos

Peu considérée par les employeurs, notamment en raison d’une absence de réglementation, la température au travail est pourtant un enjeu majeur pour la santé des travailleurs et de l’entreprise, tout particulièrement en hiver. Une problématique qu’il est nécessaire d’aborder de façon globale afin d’améliorer le confort thermique au travail durablement et en accord avec la nature de l’activité.

 

Avoir froid au travail en hiver, une situation non sans risque pour l’entreprise

Avoir froid au travail, c’est une problématique qui touche de nombreux actifs. Si les salariés travaillant en extérieur sont bien évidemment les premiers concernés (bâtiment, transport, agriculture, etc.), ceux dans les bureaux, dans les restaurants ou même dans les commerces ne sont pas non plus épargnés. C’est d’autant plus vrai lorsque les températures extérieures chutent, compliquant le maintien d’une température agréable au sein des bâtiments. Pour preuve, 52 % des travailleurs considèrent qu’il fait trop froid dans l’entreprise en hiver [1]. Une situation qui n’est d’ailleurs pas sans danger sur la santé, mais également sur l’efficacité.

  • Un ressenti propre à chacun : si la thématique du confort thermique en entreprise est si complexe, c’est principalement car chaque individu a son propre ressenti en la matière. D’autant plus que la température idéale va aussi dépendre du type d’activité, un employé statique ayant besoin d’une température plus élevée qu’un vendeur en magasin par exemple. Mais il existe malgré tout des solutions simples pour satisfaire le plus grand nombre, notamment en confiant aux occupants la gestion du thermostat ou l’ouverture des fenêtres.
  • Un mal qui n’épargne personne : au-delà des personnes qui travaillent à l’extérieur, plusieurs secteurs d’activité sont particulièrement touchés par le froid au travail. Les établissements de santé, les commerces et les usines seraient d’ailleurs les principales victimes de ce mal [2].
  • Un danger pour la santé : comme le rappelle l’INRS, le froid au travail a également un impact sur la santé des travailleurs. Cela peut entraîner une perte de sensibilité, une diminution de la concentration, des frissons et de la fatigue. Dans les cas les plus extrêmes, une mauvaise température en entreprise peut causer désorientation, confusion, douleurs ou même hypothermie [3].
  • Une adaptation indispensable : face au froid en entreprise, 56 % des travailleurs sont contraints de porter des vêtements supplémentaires. Ils sont également 8,3 % à être obligés d’apporter une boisson chaude au travail pour se réchauffer durant la journée [4]. D’autres comportements sont aussi fréquents, comme le fait d’apporter un chauffage d’appoint, de demander à travailler ailleurs ou, plus simplement, de se plaindre.
  • Une source de conflits : chaque personne ayant son propre ressenti, il n’est pas rare que des tensions naissent au sein de l’entreprise. Preuve des conflits que peut occasionner une mauvaise température au bureau, les hommes passeraient 6,4 minutes par jour à régler le thermostat, contre 8,5 minutes pour les femmes [5].
  • Une baisse de la performance : en-dessous de 19°C dans un bureau, on considère que la productivité des travailleurs chute déjà de 5 %. Elle tombe même à 90 % à partir de 15 °C [6].
  • Une perte d’argent : le confort thermique est l’un des principaux critères de la qualité de vie au travail (QVT). Un élément plus important qu’il n’y paraît car ce facteur, lorsqu’il n’est pas rempli, est la première cause d’absentéisme en France [7]. Certaines études vont même jusqu’à avancer que le froid au travail pourrait coûter 15 millions de dollars chaque année aux entreprises américaines [8], alors que d’autres estiment que des températures trop froides pourraient augmenter le coût horaire du travail de l’ordre de 10 % [9].

Une absence de réglementation qui participe au froid au travail

Une absence de réglementation qui participe au froid au travail

Que ce soit à cause du froid au travail, d’un défaut de luminosité ou même d’un air pollué, l’impact des bâtiments sur la santé n’est plus à prouver. Le problème, c’est que le Code du travail ne définit pas de température minimale à respecter sur le lieu de travail, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Certes, l’Article L4121-1 rappelle que l’employeur doit « mettre en œuvre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs » [10], notamment en matière de température. L’Article R4223-13, quant à lui, rappelle que « les locaux fermés affectés au travail sont chauffés pendant la saison froide » et que « le chauffage fonctionne de manière à maintenir une température convenable et à ne donner lieu à aucune émanation délétère » [11]. Autrement dit, prévoir de vieux chauffages d’appoint, sources de monoxyde de carbone, n’est pas une solution viable pour garantir une bonne température en entreprise en hiver.

À défaut de seuil de température minimale en entreprise, les employeurs peuvent toujours se référer aux recommandations fournies par différents organismes publics, dont l’INRS. Pour assurer le « confort thermique » des travailleurs – que l’on peut définir comme étant une sensation de bien-être lorsqu’on est exposé à une ambiance intérieure – il est conseillé que la température soit adaptée à la nature du travail. Avec une activité physique limitée, la plage de confort se situe entre 19 et 25 °C, tandis que la température idéale est comprise entre 23 et 24 °C pour une activité mentale sédentaire [12].

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des actifs insatisfaits de l’hygrothermie dans leur espace de travail

Le saviez-vous ? La température est l’une des principales sources d’inconfort au travail.

Une température trop basse, des variations de température et un air sec : autant de sources d’inconfort qui sont dénoncées par environ 1 actif sur 5. Et paradoxalement, la gêne serait plus importante dans les locaux ventilés par un système mécanique [13].

La température au travail en hiver, une problématique aux nombreux visages

Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, la température n’est pas le seul élément jouant sur le confort thermique en entreprise. Pour garantir la qualité de vie au travail, l’employeur doit donc tenir compte de différents facteurs propres à la nature de l’activité et aux caractéristiques physiques des bâtiments.

  • La nature de l’activité : comme nous venons de l’aborder, la température idéale au bureau dépend principalement de l’énergie métabolique déployée par les travailleurs. Elle varie non seulement selon le type d’activité exercée, mais également selon le nombre de personnes présentes dans les locaux.
  • La température de l’air : il s’agit de la température mesurable. En moyenne, elle doit être comprise entre 20 et 24 °C au sein des locaux pour assurer le confort thermique (bureau, commerce, école, etc.).
  • L’homogénéité : il est courant de retrouver dans les bureaux ce qu’on appelle des « zones mortes ». Il s’agit d’espaces où la température est relativement faible (proximité d’une fenêtre, dans un courant d’air, etc.), tandis qu’elle va être très élevée à l’autre bout de la pièce, dans la mesure où le chauffage s’y trouve. Il est donc important d’assurer une température homogène et de repérer les éventuels ponts thermiques, au moyen d’une caméra thermique par exemple.
  • L’habillement : même à activité égale, la sensation de confort thermique varie d’un travailleur à l’autre. L’employeur doit donc laisser une certaine marge de manœuvre en ce qui concerne l’habillement pour permettre à chacun de s’adapter, tout particulièrement au sein des restaurants, des bars, des commerces et des établissements de santé.
  • La température de rayonnement : ce terme désigne la façon dont la chaleur est transférée entre les objets environnants et le corps. Plus concrètement, des planchers ou des fenêtres froides – autrement dit mal isolées – vont rendre la pièce moins agréable et participer à l’inconfort thermique au travail. C’est d’ailleurs ce qu’on appelle les températures de surface.
  • La vitesse de l’air : la circulation de l’air peut également avoir un impact négatif sur le confort thermique en entreprise. Les courants d’air sont en effet susceptibles de causer de l’inconfort, notamment s’ils sont en contact avec des surfaces froides comme le sol. Cela peut être du à différents facteurs, dont un défaut de ventilation, des aérations inadaptées ou un mauvais renouvellement de l’air.
  • Le taux d’humidité : souvent mésestimée, la qualité de l’air au travail, notamment le taux de CO2, a pourtant un impact sur la santé et l’efficacité. Il en va de même pour le taux d’humidité puisque, en-dessous de 20 %, il peut causer un assèchement de la peau et des muqueuses, tandis qu’il rend la pièce étouffante au-delà de 70 % [14].

 

Une amélioration globale pour un confort thermique durable

Vous l’aurez compris, ajouter des sources de chaleur ou jouer sur le thermostat ne suffit pas pour assurer le confort thermique au travail. Pour garantir une température agréable en entreprise, tout particulièrement en hiver, l’employeur doit mettre en œuvre plusieurs solutions complémentaires. L’enjeu ? Préserver la santé de ses collaborateurs, favoriser leur efficacité et, in fine, assurer la productivité de l’entreprise.

  • Adapter la température à l’activité : le premier réflexe de l’employeur doit être de tenir compte des particularités de chaque poste. Ainsi, la température au travail devra être plus importante au niveau des activités sédentaires (bureau, standard, etc.) et des zones exposées au froid (accueil, commerce, etc.). Le domaine d’activité a aussi son importance car un serveur, un vendeur, un infirmier et un travailleur de bureau ne déploieront pas la même énergie physique au quotidien.
  • Rester souple sur l’habillement : même si un code vestimentaire est en vigueur dans l’entreprise, l’employeur doit accorder certaines largesses à ses équipes pour garantir leur confort thermique au travail. L’utilisation de sous-pull, de vêtements amples, voire même de gants doit être autorisée selon l’exposition au froid.
  • Améliorer l’isolation des locaux : d’un point de vue plus technique, l’entreprise doit également renforcer l’isolation des espaces de travail et réduire les ponts thermiques. Cela pourra notamment passer par le renforcement des murs (ajout de cloisons, de tentures, etc.), l’isolation des planchers et des plafonds (tapis, toile tendue, etc.) et le changement des ouvertures (portes et fenêtres).
  • Assurer le renouvellement de l’air : la qualité de l’air intérieur jouant dans le confort thermique en entreprise, il est important de mettre en place un système de renouvellement de l’air et de régulation de l’humidité. Il faudra également aérer régulièrement et de façon naturelle – en ouvrant les fenêtres en dehors des heures de travail – afin de garantir un air de qualité.
  • Ne pas négliger l’aménagement : le choix du mobilier et de la décoration participe également au confort thermique au travail, ou tout du moins à la sensation de confort. Les poufs, les tapis, les plaids et autres coussins épais sont autant de petits artifices pour accroître l’impression de température agréable au sein des locaux.
  • Prendre la température de l’entreprise : peut-être plus important encore, l’employeur doit s’intéresser au ressenti des occupants. Être à l’écoute des doléances et demander l’opinion de ses collaborateurs sur la température en entreprise permettra d’anticiper tout éventuel inconfort thermique au travail et de mettre en œuvre des correctifs adaptés.

Si l’amélioration du confort thermique est primordiale en hiver, il ne faut pas oublier que c’est aussi le cas en été. Pourquoi ? Tout simplement car des températures trop élevées au travail vont être tout aussi néfastes que le froid, si ce n’est plus.

Avec Kandu, œuvrez au confort thermique au travail

Pour Kandu, l’amélioration de la température en hiver en entreprise est une problématique globale. Pour que le traitement ne prenne pas la forme d’un « pansement sur une jambe de bois », il convient de s’attaquer aux causes de l’inconfort thermique au travail. Pour y parvenir, nos équipes réalisent des mesures physiques de l’environnement de travail – aussi bien dans des bureaux, des restaurants que des établissements de santé et des écoles – et interrogent les occupants sur leur ressenti. Les résultats seront le terreau d’un diagnostic complet, permettant la mise en place de solutions performantes, adaptées et durables.

Sources :

[1] Office temperature wars – Andrew Sykes – 2015
[2] Workers Are Literally Fighting Over Temperature in the Office – Career Builder – 2018
[3] Travail au froid : accidents et effets sur la santé – INRS – 2014
[4] Office temperature wars – Andrew Sykes – 2015
[5] Office temperature wars – Andrew Sykes – 2015
[6] Office temperature wars – Andrew Sykes – 2015
[7] 11ème Baromètre de l’Absentéisme® et de l’Engagement – Ayming pour AG2R La Mondiale – 2018
[8] Office temperature wars – Andrew Sykes – 2017
[9] Study links warm offices to fewer typing errors and higher productivity – Université Cornell – 2004
[10] Article R4223-13 du Code du travail – Legifrance
[11] Article R4223-13 du Code du travail – Legifrance
[12] Avoir froid au bureau nuit à la performance – Le Figaro – 2013
[13] Enquête suisse dans les bureaux – Haute école de Lucerne – 2010
[14] Confort thermique au bureau – CCHST – 2018

 

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